TABLE DES MATIÈRES
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- Chaprite 59
- Chaprite 60
Clairwil, que rien au monde n'effrayait, demanda impérieusement à celui de ces hommes qui paraissait avoir le plus de prépondérance, en vertu de quoi il agissait ainsi : pour toute réponse, nos inconnus, détournant la voiture, obligent nos gens à descendre du côté d'Arcueil, et à remonter ensuite sur les hauteurs de Cachan, où ils enfilèrent une route étroite qui nous mena dans un château fort solitaire. La voiture entre ; les portes se ferment ; nous entendons même qu'on les barricade en dedans ; un de nos conducteurs ouvre alors la portière, et, sans dire un seul mot, il nous offre la main pour descendre.
Singulièrement effrayée de cette mystérieuse aventure, j'avoue que mes genoux fléchirent en descendant de carrosse : peu s'en fallut que je ne m'évanouisse ; mes femmes n'étaient guère plus rassurées que moi ; la seule Clairwil, toujours effrontée, marchait à notre tête et nous encourageait. Trois de nos ravisseurs disparurent un moment ; le chef seul nous introduisit dans un salon assez bien éclairé. Le premier objet qui frappa nos yeux fut un vieillard en pleurs, entouré de deux jeunes personnes très jolies qui cherchaient à le consoler.
- Vous voyez devant vous, mesdames, nous dit notre conducteur, les restes malheureux de la famille de Cloris. Ce vieillard est le père du mari, ces deux jeunes personnes sont les sœurs de l'épouse, et nous sommes les frères de l'époux. Le chef de cette maison, sa femme et sa fille, ayant injustement encouru la disgrâce de la reine, et plus malheureusement encore celle d'un ministre qui, cependant, leur doit tout, ces trois respectables personnes, dis-je, ayant disparu avant-hier, la célérité de nos perquisitions nous a convaincus que ces victimes sont détenues ou mortes dans la maison de campagne de laquelle vous venez de sortir. Vous appartenez au ministre ; l'une de vous est sa maîtresse, nous le savons : il faut, ou nous faire rendre les objets que nous réclamons, ou nous convaincre de leur mort. Jusqu'à ces éclaircissements, vous resterez en otages ici. Si vous nous faites rendre nos parents, vous serez libres ; s'ils sont sacrifiés, vos mânes apaiseront les leurs, et vous les suivrez de près au tombeau. C'est tout ce que nous avons à vous dire ; instruisez-nous et agissez.
- Messieurs, dit la courageuse Clairwil, il me semble que votre procédé est profondément illégal sous tous les rapports. Est-il vraisemblable, premièrement, que deux femmes, madame et moi (celles-ci nous servent), que deux femmes, dis-je, soient assez initiées aux secrets du ministre, pour être instruites d'un événement semblable à celui dont vous nous parlez ? Croyez-vous que si les personnes que vous réclamez avaient encouru les disgrâces de la cour, et que la justice ou le ministère eussent été contraints de sévir, croyez-vous, de bonne foi, que l'on nous eût rendues les témoins d'une semblable exécution ? et le temps qu'il y a que nous sommes à la maison du ministre ne vous prouve-t-il pas qu'assurément ce ne peut être pendant ces jours-ci que s'est passé là l'événement dont vous parlez ? Au surplus, messieurs, nous n'avons que nos paroles d'honneur à vous donner, mais nous vous les offrons pour gages de la profonde ignorance où nous sommes du sort de ceux dont il s'agit. Non, messieurs, nous vous le protestons, nous n'avons jamais rien ouï dire d'eux, et si vous êtes justes et que vous n'ayez pas autre chose à nous dire, vous nous rendrez à l'instant une liberté que vous n'avez pas le droit de nous ravir.
- Nous ne nous amuserons pas à vous réfuter, madame, répondit notre conducteur. Il y a quatre jours que l'une de vous est à cette campagne, l'autre y est arrivée pour dîner aujourd'hui. Il y a également quatre jours que la famille Cloris est dans la même maison : l'une de vous deux est donc bien en état de répondre aux questions qui vous sont faites, et vous ne sortirez pas que nous ne soyons parfaitement éclairés.
Alors les trois autres cavaliers reparurent et dirent que, puisque nous ne voulions pas parler de bonne grâce, il y avait des moyens de nous faire expliquer de force.
- Je m'y oppose, mes enfants, dit le vieillard, il ne sera fait ici nulle violence ; détestons les moyens que nos ennemis ont pour faire le mal, et ne les imitons jamais. Nous prierons seulement ces dames de vouloir bien écrire au ministre de se rendre dans cette maison ; et leur billet sera seulement construit de manière à lui laisser croire qu'il n'y a qu'elles qui l'en sollicitent pour des affaires de la plus grande importance. Il viendra ; nous l'interrogerons ; il faudra bien qu'il dise où est mon fils, où est ma fille : cette main, sans cela, toute tremblante qu'elle est, saura trouver l'énergie nécessaire à lui plonger un poignard dans le cœur... Abus perfides de la tyrannie !... Funestes dangers du despotisme ! Ô peuple français, quand seras-tu révolté de ces horreurs ? quand, las de l'esclavage et pénétré de ta propre force, lèveras-tu la tête au-dessus des chaînes dont les scélérats couronnés t'environnent, et sauras-tu te rendre à la liberté que t'a destinée la nature ?... Qu'on donne du papier à ces dames et qu'elles écrivent.
- Amuse-les, dis-je bas à Clairwil, et laisse-moi rédiger ce billet.
« Une affaire de la plus extrême importance vous appelle ici (mandai-je au ministre) ; suivez le guide que nous vous envoyons, et ne perdez pas une minute. »
Je montre la lettre, on la trouve bien. Alors, avec un crayon caché dans ma main, j'ai le temps, en faisant l'enveloppe, d'insérer promptement les mots suivants :
« Nous sommes perdues si vous n'accourez pas en force ; et c'est par force que nous écrivons ce qui précède. »
Le paquet se ferme, un de nos conducteurs part, et l'on nous fait passer dans une chambre haute, où l'on nous enferme avec soin, ayant toujours un garde à notre porte.
A peine fus-je seule avec Clairwil, que je lui fis part de ce que j'avais ajouté au billet.
- Cela ne suffit pas à me tranquilliser, me dit-elle : s'il arrive en force ici, nous sommes égorgées au moment où ces gens-ci verront arriver cette force ; j'aimerais mieux travailler à séduire notre garde.
- Cela est impossible, répondis-je, ce ne sont point ici des coquins soudoyés : tous liés par le sentiment de l'honneur, attendu qu'ils le sont par le sang, tu comprends bien que rien au monde ne les fera renoncer au fatal projet de vengeance. Ah ! Clairwil, il faut que je ne sois pas encore assez ferme dans nos principes, car je crains bien qu'une fatalité quelconque, à laquelle tu donneras le nom que tu voudras, ne fasse à la fin triompher la vertu.
- Jamais ! jamais ! le triomphe appartient toujours à la force, et rien n'en possède autant que le crime ; je ne te pardonne pas cette faiblesse.
- C'est que voilà le premier revers que j'éprouve.
- C'est le second, Juliette : rappelle-toi mieux les circonstances de ta vie, et souviens-toi que la fortune ne te couvrit de ses faveurs, qu'au sortir d'une prison qui devait te conduire à la potence.
- Cela est vrai ; cette anecdote oubliée me rend mon courage ; patientons.
Rien au monde ne pouvait éteindre dans cette femme singulière les feux du libertinage dont elle était dévorée. Le croiriez-vous ? il n'y avait qu'un lit dans la chambre où l'on nous avait reléguées : elle me proposa de nous y jeter toutes quatre, et de nous branler jusqu'à l'arrivée de Saint-Fond. Mais ne trouvant ni dans mes femmes, ni dans moi, des dispositions assez tranquilles pour accepter ses extravagances, nous attendîmes, en causant, le résultat de cette funeste aventure.
M. de Saint-Fond sentit, comme Clairwil, l'inconvénient de faire attaquer le château de force pendant que nous y étions : la ruse lui parut préférable ; et voici ce qu'il employa avant que d'en venir à des moyens violents.
L'exprès que nous avions envoyé revint avec deux jeunes gens inconnus de nous. Et tel était le contenu du billet qu'ils apportaient au vieillard :
« Un galant homme ne doit pas retenir des femmes pour une affaire qui ne regarde que des hommes : délivrez celles que vous détenez injustement. Je vous envoie mon cousin germain et mon neveu pour otages ; croyez que j'ai plus d'intérêt à les sortir de vos mains que les femmes qui sont en dépôt chez vous. Soyez d'ailleurs parfaitement tranquille sur le sort des personnes qui nous intéressent ; elles sont, à la vérité, détenues, mais chez moi ; et c'est moi qui vous en réponds : elles seront dans vos bras sous trois jours. Encore une fois gardez mes parents, et renvoyez les femmes ; je serai moi-même chez vous dans quatre heures. »
La plus grande présence d'esprit nous servit ici. Le billet n'avait point été lu devant nous, et nous devinâmes.
- Connaissez-vous ces messieurs, nous demande le vieillard ?
- Assurément, répondis-je, ce sont les parents du ministre ; s'ils s'offrent à rester pour nous, ces otages, ce me semble, doivent vous suffire.
On délibérait sur notre liberté, lorsqu'un de nos ravisseurs prenant la parole :
- Ceci peut être un piège, s'écria-t-il, je m'oppose au départ des femmes : gardons-les tous, ce sont deux otages de plus.
On revint à cet avis, et les imbéciles (car il est dit qu'il faut que la vertu fasse toujours des sottises), les stupides animaux nous mirent tous dans la même chambre.
- Rassurez-vous, mesdames, nous dit aussitôt un des prétendus parents du ministre, vous voyez quel a été l'esprit de la ruse de M. de Saint-Fond. Il s'est bien douté qu'elle ne réussirait peut-être pas : n'importe, a-t-il dit, ce sont toujours des défenseurs que je leur envoie et qui leur diront, ainsi que nous pouvons vous l'affirmer, mesdames, que toute la police de Paris, dont nous sommes membres, assiège le château dans deux heures. Soyez tranquilles, nous sommes bien armés, et si ces bonnes gens veulent, se voyant trompés, entreprendre quelque chose sur vous, soyez assurées que nous vous défendrons.
- Toute ma crainte, dit Clairwil, c'est que ces animaux, sentant la bêtise qu'ils ont faite de nous réunir, ne viennent, en nous séparant, nous enlever toutes nos ressources.
- Il n'y a, dis-je, infiniment plus tranquille, qu'à s'unir de manière que nous soyons inséparables.
- Comment, dit Clairwil, toi qui frémissais tout à l'heure d'une distraction à peu près pareille, tu oses maintenant en ouvrir l'idée ?
- C'est que je suis calme, répliquai-je, et qu'en vérité ces deux jeunes gens sont bien jolis l'un et l'autre.
L'un d'eux, nommé Pauli, n'avait effectivement que vingt-trois ans et la figure la plus douce, la plus délicate qu'il fût possible de voir ; l'autre avait deux ans de plus, l'air moins efféminé, mais fait à peindre, et le plus beau vit possible.
- Allons, dit Clairwil, ces messieurs permettront que nous disposions d'eux. Avant de savoir ce qu'ils pensent, voici, ce me semble, comment il faut que tout ceci s'arrange.
A ces mots, nous baisons simultanément nos gardiens avec tant d'ardeur que la réponse qu'ils avaient à nous faire fut bientôt peinte dans leurs yeux.
- Oui, reprit Clairwil, puisque leur consentement est aussi formel, voici comment il faut que tout ceci se passe. Pauli va te foutre, Juliette ; je vais, moi, m'en faire donner par Laroche ; dès que nous serons toutes deux enconnées, Elvire me branlera le clitoris d'une main, le trou du cul de l'autre ; Montalme t'en fera autant. Toutes deux à portée d'être maniées par nos fouteurs, elles leur présenteront tout ce qu'elles portent ; tu verras que, limées plus roide, nous gagnerons à cette infidélité : toutes les femmes voluptueuses devraient s'en permettre de semblables, elles s'apercevraient bientôt du profit qu'elles y feraient. Cependant, toujours attentives l'une et l'autre aux sensations éprouvées par nos jeunes fouteurs, dès qu'elles les verront près de décharger, elles saisiront leurs vits et nous les enfonceront aussitôt dans le cul, afin que le foutre ne se perde que là ; dès que tous deux auront déchargé, nous changerons et d'homme et de femme. Mais, toutes deux placées l'une auprès de l'autre, ce ne sera que de nous seules dont nous nous occuperons ; nous nous baiserons, nous nous langoterons, mon amour, et regarderons, m'ajouta-t-elle tout bas, ces êtres vils qui travailleront à nous donner du plaisir comme des esclaves payés pour nos passions et que nous assouplit la nature.
- C'est cela, dis-je, je n'entends pas qu'on bande avec une autre idée.
Et dans l'instant nous voilà toutes deux sur le lit, les jupes retroussées jusqu'au-dessus du ventre. Nos tribades d'abord s'emparent des engins, nous les préparent, nous les montrent, et les engloutissent bientôt dans nos cons haletants. Si Clairwil était nerveusement foutue par Laroche, certes, je n'avais pas à me plaindre de Pauli ; son membre n'était pas tout à fait aussi gros que celui de son camarade, mais il était fort long, et je le ressentais au fond de ma matrice ; divinement branlée, d'ailleurs, par Montalme, voluptueusement baisée par mon amie, nous avions déjà l'une et l'autre déchargé deux fois, lorsque le changement de main exécuté par Montalme avec toute la légèreté possible, m'avertit de la crise de mon jeune amant dont des ruisseaux de foutre m'inondent le cul de la plus délicieuse manière. L'adroite Montalme, pendant ce temps, remplaçait par trois doigts réunis ce que mon con venait de perdre, et continuait de me chatouiller le clitoris. Un foutredieu, bien appuyé par mon amie, me prévint qu'elle éprouvait la même chose ; et ce ne fut pas sans une troisième éjaculation que des jets de sperme aussi abondants nous inondèrent les entrailles.
- Changeons, dit Clairwil, essaye de Laroche, je vais prendre Pauli.
Jeunes et vigoureux tous deux, nos athlètes ne nous demandent même pas de respirer, et me voilà foutue par l'un des plus beaux vits possibles.
Ce fut pendant cette seconde course que Clairwil, toujours penchée sur moi, toujours me langotant, et ne s'occupant que de moi, convint que son abominable tête lui conseillait une infamie.
- Oh, foutre ! lui dis-je, pressons-nous de l'exécuter, car j'aime infiniment les horreurs.
- Non, je veux te surprendre, dit Clairwil... Contente-toi de savoir seulement que cette idée bizarre est la seule cause du foutre que je perds dans tes bras.
Et la coquine partit avec des convulsions et des haut-le-corps dont assurément son fouteur ne se serait échauffé comme il le fit, s'il en avait démêlé la cause. Revenue à elle et toujours foutue par Pauli :
- Écoute, me dit-elle tout bas, je vois qu'il est pourtant nécessaire que je t'instruise, tu ne pourrais sans cela partager mes projets. Il va y avoir un combat ; on nous attaquera ; nous nous défendrons. Demandons des armes à ces jeunes gens, et pour les remercier de tous les services qu'ils nous rendent, brûlons-leur la cervelle pendant la bataille. Ce meurtre passera sur le compte de nos ennemis, et Saint-Fond, mieux pénétré des dangers que tu auras courus, t'accordera sans doute une bien plus grande récompense.
- Oh ! foutue garce ! dis-je à Clairwil en déchargeant moi-même comme une putain à cette idée, oh ! sacredieu ! combien ton projet m'enflamme !
Et j'inondais pendant ce temps-là le vit de Laroche, qui, se voyant près de m'imiter, fit son changement de main au même instant de ma décharge, ce qui me plongea dans un délire qu'il me serait impossible de vous poindre, rien, je l'affirme, n'étant aussi délicieux pour une femme, comme de sentir un vit pénétrer dans son cul au même instant où elle décharge. Le bruit que nous entendîmes au même instant nous fit aussitôt sauter à bas du lit.
- Les voilà, dit Clairwil ; donnez-nous des pistolets, mes enfants, afin que nous puissions nous défendre.
- En voilà, dit Laroche ; il y a trois balles dans chacun.
- Bon, dit Clairwil, soyez sûrs qu'elles seront bientôt dans le cœur de quelqu'un.
Le bruit augmente et se fait à la fois entendre dans toutes les parties du château : « Aux armes ! » s'écrie-t-on.
- Allons, dit Laroche, amorçons de frais ; que ces dames se placent en groupe derrière nous, nous leur servirons de rempart.
Il était temps ; nos ravisseurs, déjà forcés dans le bas du château par le détachement envoyé de Paris, se jetaient où nous étions, à dessein de nous égorger avant de se rendre ; mais malheureusement suivis de trop près, ils ne purent entrer que pêle-mêle avec nos libérateurs. Il se fit un feu terrible en forçant notre chambre. Placées derrière ceux qui nous défendent, tel est l'instant que nous choisissons pour nous délivrer du poids de la reconnaissance. Ils tombent en sang à nos pieds, et nos cons étaient encore tout barbouillés du foutre de ceux à qui notre inique méchanceté arrachait si cruellement la vie. Vous imaginez facilement que cette action fut bientôt mise sur le compte de nos ennemis, que les officiers du détachement poignardèrent aussitôt pour venger leurs camarades. Le vieillard et les jeunes femmes, restés seuls, furent emballés dans un fiacre, et sous bonne garde conduits à la Bastille ; le reste du détachement, ayant fait atteler notre voiture, nous escorta jusque chez moi, où j'exigeai de Clairwil de vouloir bien ne me quitter qu'après souper.
A peine étions-nous arrivées, qu'on annonça Saint-Fond.
- Lui avouerons-nous notre petite horreur, dis-je promptement à mon amie ?
- Non, me répondit-elle ; il faut tout faire et ne jamais tout dire.
Le ministre entra, nous le remerciâmes infiniment des soins qu'il avait pris. Il nous fit à son tour des excuses, de ce qu'une affaire personnelle à lui nous avait compromises à ce point.
- Il y a huit ou dix hommes de tués, nous dit-il, entre autres les deux jeunes gens que je vous avais envoyés, les seuls que je regrette.
- Ah ! ah ! dit Clairwil, il y a sans doute quelque raison pour cela.
- Oui, je les foutais tous deux depuis assez longtemps.
- Et c'est Saint-Fond, dit Clairwil, qui regrette un objet foutu ?
- Non : ils étaient lestes, ils me servaient à merveille dans toutes mes opérations mystérieuses.
- Oh ! vous les remplacerez, dis-je à Saint-Fond en le faisant mettre à table ; laissons les maux et ne parlons que de vos succès.
Pendant le repas, la conversation roula, comme à l'ordinaire, sur des matières de philosophie, et comme le ministre avait affaire, que d'ailleurs nous étions extrêmement fatiguées, l'on se sépara. Au souper du lendemain, ma malheureuse Palmire, que l'on envoya chercher quelques heures avant dans son cachot, fut impitoyablement sacrifiée après mille supplices plus barbares et plus variés les uns que les autres. Saint-Fond me contraignit à l'étrangler pendant qu'il la foutait en cul. Il me la paya vingt-cinq mille francs ; et sur les représentations que je lui fis de tous les dangers que j'avais courus la veille, il me compléta le double.
Deux mois se passèrent sans aucun événement qui puisse ajouter quelque intérêt à mes écrits. Et je venais d'atteindre ma dix-huitième année, lorsque Saint-Fond, arrivant un matin chez moi, me dit qu'il avait été voir les deux sœurs de Mme de Cloris à la Bastille, qu'il les avait trouvées toutes deux beaucoup plus jolies que celle que nous avions sacrifiée, mais que la cadette surtout, qui était de mon âge, était une des plus belles filles qu'il fût possible de voir.
- Eh bien ! dis-je, c'est une partie de campagne ?
- Assurément, me répondit-il.
- Et le vieillard ?
- Un bouillon...
- Oui, mais voilà tout d'un coup trois prisonniers de moins : et le gouverneur, qui ne vit que de cela ?
- Oh ! les remplacements sont faciles. Je vous demande d'abord la première place pour une parente de Clairwil qui veut jouer la prude avec elle et ne la point voir, à cause du libertinage de cette chère amie. A l'égard des deux autres, je les retiens, et vous promets de vous les faire signer sous huit jours. Allons, dit le ministre en prenant une note sur ses tablettes, le déjeuner de l'homme et la sortie des femmes... Pars demain, Juliette, emmène avec toi Clairwil, elle est charmante, pleine d'imagination : nous ferons une scène délicieuse.
- Vous faudra-t-il des hommes et des tribades ?
- Non, les scènes particulières valent quelquefois mieux que les orgies : plus recueillis, on fait plus d'horreurs, et comme on est là bien ensemble, on se livre infiniment davantage.
- Il faut au moins deux femmes pour aider ?
- Oui, deux vieilles ; tu me les chercheras de soixante ans au moins, c'est un caprice il y a longtemps que l'on m'assure que rien ne fait bander comme la décrépitude de la nature ; je veux en essayer.
- Il manque quelque chose à tout cela, dit Clairwil, à qui je fus faire part sur-le-champ des intentions du ministre. Ces jeunes filles doivent avoir des amants : il faut les découvrir, les faire enlever, et les immoler avec elles : il y a un million de détails très voluptueux à tirer de ces situations.
Je vole chez le ministre ; je lui rends compte des idées de Clairwil ; il les approuve ; la partie est remise à huitaine et les amants se cherchent.
Les horreurs nécessaires pour découvrir ces nouveaux sujets devinrent des voluptés pour Saint-Fond. Il se rend à la Bastille, fait mettre au cachot chacune de ces filles, va lui-même les interroger ; et ce n'est qu'en mêlant adroitement l'espoir et la crainte, en les employant tour à tour, qu'il parvient à découvrir que Mlle Faustine, la cadette des sœurs de Mme de Cloris, avait pour amant un jeune homme nommé Dormon, absolument du même âge qu'elle ; et que sa sœur, Mlle Félicité, âgée de vingt-huit ans, avait également donné son cœur au jeune Delnos, l'un des plus beaux garçons de Paris, et qui pouvait avoir deux ans de plus qu'elle. Quatre jours suffirent pour controuver des torts à ces jeunes gens ; on n'y regardait pas de si près, dans un siècle où l'abus du crédit était tel, que les valets des gens en place faisaient eux-mêmes enfermer qui bon leur semblait. Ces nouvelles victimes ne couchèrent qu'une nuit à la Bastille ; elles furent transférées, celle d'après, à ma campagne, où les demoiselles étaient arrivées la veille. Clairwil et moi, nous avions tout reçu, tout enfermé, mais séparément ; et nul de ces prisonniers, quoique assez près l'un de l'autre, ne soupçonnait à quel point son voisin devait l'intéresser.
Après un énorme dîner, on passa dans un salon où tout était prêt pour les exécrations projetées. Les deux vieilles, mises en matrones romaines, attendaient, en faisant des verges, les ordres qui leur seraient donnés. Avant de rien entreprendre, attiré par la supériorité du cul de Clairwil, Saint-Fond voulut lui rendre hommage. Courbée sur un sopha, la coquine le lui présente en femme de l'art ; et, pendant que je lui suce le clitoris, Saint-Fond lui darde au moins six pouces de langue dans le cul.
Saint-Fond bandait ; il encule Clairwil, en baisant mon cul ; il me sodomise un instant après, en caressant le voluptueux cul de Clairwil.
- Allons ! à l'ouvrage, dit Saint-Fond, je déchargerais si nous tardions ; vous avez l'une et l'autre des culs auxquels je ne tiens pas.
- Saint-Fond, dit Clairwil, j'ai deux grâces à te demander : la première, c'est de te montrer bien cruel, tu ne t'imagines pas, mon cher, à quel point je suis en train de l'être ; la seconde, c'est de m'abandonner le meurtre des deux jeunes gens. Supplicier des hommes est, tu le sais, ma passion favorite ; autant tu te plais à tourmenter mon sexe, autant j'aime à vexer le tien, et je vais jouir à martyriser ces deux jolis garçons, bien plus, peut-être, que tu ne te délecteras à massacrer leurs deux maîtresses.
- Clairwil, vous êtes un monstre.
- Je le sais, mon cher, et ce qui m'humilie est d'être chaque jour surpassée par toi.
Saint-Fond ayant désiré voir d'abord seul chacun de ces quatre amants, une des vieilles amena Dormon, dont Faustine, la cadette des sœurs de Mme de Cloris, était la maîtresse.
- Jeune homme, lui dit Clairwil, vous paraissez ici devant votre maître ; songez que la soumission la plus entière et la vérité la plus scrupuleuse doivent diriger votre conduite et vos réponses : c'est dans ses mains qu'est votre vie.
- Hélas ! répondit humblement ce malheureux, je n'ai rien à dire, madame ; j'ignore absolument la cause de ma détention, et ne puis comprendre par quelle fatalité je me trouve aujourd'hui la victime du sort.
- N'étiez-vous pas destiné, lui demanda Clairwil qui le dévorait des yeux, à épouser Faustine ?
- Cette union devait faire mon bonheur.
- Ignoriez-vous la cruelle affaire dans laquelle tous ses parents étaient impliqués ?
- Hélas ! madame, je ne leur connaissais que des vertus : le vice pouvait-il exister où Faustine avait pris le jour ?
- Ah ! dis-je, c'est un héros de roman !
- Je serai toujours l'ami de la vertu.
- L'enthousiasme que l'on conçoit pour elle à votre âge, dit Clairwil, a souvent perdu bien des hommes. Au reste, ce n'est pas de tout cela dont il s'agit ici : nous vous avons fait venir pour vous apprendre que votre Faustine est dans ces lieux, et que si vous voulez en abandonner la jouissance au ministre, et sa grâce et la vôtre récompenseront ce sacrifice.
- Je n'ai point mérité de grâce, puisque je n'ai point commis de crimes, répondit fièrement ce jeune homme. Mais y eût-il là mille morts, je vous déclare que je n'achèterai jamais la vie au prix de l'atrocité que vous avez osé me faire entrevoir.
- Allons ! madame, du cul ! du cul !... s'écria Saint-Fond qui bandait, vous voyez bien que ce petit polisson est un entêté dont nous n'aurons raison que par la violence.
Et, à ces mots, Clairwil et les deux vieilles s'étant élancées sur le jeune homme, il fut nu et garrotté en un clin d'œil.
On le conduisit à Saint-Fond, qui détaille quelques minutes le plus joli cul d'homme qu'il soit possible de voir : et vous savez, messieurs les connaisseurs, que, relativement à cette partie, vous l'emportez bien souvent sur nous.
- Ah ! dit le malheureux Dormon, dès qu'il voit les infamies auxquelles on le destine, on m'a trompé, je suis chez des monstres !
- Monsieur, lui dit Clairwil, nous allons bientôt vous le prouver.
Et après quelques horreurs préliminaires, on me chargea d'introduire Faustine. Il était difficile d'être plus belle, mieux faite, plus intéressante et plus douce ; que de nouveaux attraits lui prêta la pudeur, quand elle eut pu voir l'état dans lequel on la recevait ! Elle pensa s'évanouir en apercevant son amant, objet des caresses de Clairwil et de Saint-Fond.
- Rassurez-vous, bel ange, lui dis-je aussitôt : nous foutons, mon cœur, nous nous plongeons dans l'impudicité ; vous allez montrer votre beau cul comme nous offrons le nôtre, et vous ne vous en trouverez pas mal.
- Mais que tout ceci veut-il dire !... de grâce, où suis-je ?... expliquez-moi...
- Vous êtes chez le ministre, votre oncle, votre ami ; c'est dans ses mains qu'est votre affaire, et vous savez à quel point est grave celle qui vous compromet. Soyez soumise et complaisante, monseigneur peut tout arranger.
- Et Dormon a pu se soumettre... ?
- Ah ! répondit le malheureux jeune homme, je suis, comme toi, victime de la force. Mais si le jour du déshonneur luit aujourd'hui pour nous, celui de la vengeance nous consolera peut-être bientôt.
- Laissons-là l'héroïsme, jeune homme, dit Saint-Fond, en appuyant une vigoureuse claque sur les fesses découvertes de ce beau parleur, et que cette éloquence incendiaire s'emploie plutôt à déterminer votre maîtresse à tous mes caprices... et ils seront violents vis-à-vis d'elle... je la mènerai mal.
Ici, deux ruisseaux de larmes jaillissent des superbes yeux de Faustine, de profonds gémissements se font entendre ; le cruel Saint-Fond, son vit à la main, vient la regarder sous le nez.
- Oh ! foutre ! s'écria-t-il, voilà comme j'aime les femmes... Que ne puis-je, d'un mot, les réduire toutes en cet état ! Pleurez, mignonne, pleurez... tenez, pleurez sur mon vit ; mais ne perdez pourtant pas toutes vos larmes : vous en aurez bientôt besoin pour des choses qui seront d'une plus haute importance.
En vérité, je n'ose dire à quel point il porta l'outrage ; il semblait que son plus grand plaisir fût d'insulter l'innocence et d'injurier la beauté malheureuse. Les faibles lueurs de plaisir que nous parvînmes à faire éprouver à cette enfant se changèrent bientôt en chagrin ; ce fut avec son vit que Saint-Fond essuya ces nouvelles larmes.
La passion principale de Clairwil n'était pas, comme je vous l'ai dit, de tracasser les femmes : c'était sur les hommes qu'elle aimait à donner à la nature l'essor de ses penchants à la cruauté ; mais quoiqu'elle n'exerçât pas, elle voyait avec plaisir ! et près de Dormon, qu'elle branlait elle-même, elle observait avec une curiosité méchante tous les outrages exercés sur Faustine ; elle en conseillait même.
- Allons ! dit Saint-Fond, il faut réunir ce que devait bientôt resserrer l'hymen ; je ne suis pas assez cruel, ajouta-t-il ironiquement, pour ne pas céder à monsieur un des deux pucelages de sa jolie maîtresse ; Clairwil, dispose le mâle : je vais, moi, préparer la femelle.
Je n'aurais jamais cru, je l'avoue, que cette entreprise fût possible. La terreur, le chagrin, l'inquiétude, les larmes, l'état affreux enfin de ces deux amants pouvait-il leur permettre l'amour ? Ici s'opéra, sans doute, un des plus grands miracles de la nature, et son énergie triompha de tous les maux de son imagination : Dormon, emporté, foutit sa maîtresse. Il n'y eut qu'elle que nous eûmes besoin de contenir ; dans elle seule, la douleur, supérieure à tout, ne laissa plus d'accès au plaisir ; nous eûmes beau faire, beau l'exciter, la gronder ou la caresser, son âme ne sortit plus de l'horrible situation où cette scène affreuse la plongeait ; et nous n'obtînmes d'elle que du désespoir et des larmes...
- Je l'aime autant comme cela, dit Saint-Fond : je ne me soucie pas trop de voir les impressions du plaisir sur le visage d'une femme, elles sont si douteuses ; je préfère celles de la douleur, on s'y trompe moins.
Cependant, le sang coule déjà, les prémices sont cueillies. Par l'attitude qu'avait arrangée Clairwil, Dormon tenait Faustine dans ses bras, absolument penchée sur lui, de manière qu'au moyen de cette posture, la jolie petite fille exposait les plus belles fesses qu'il fût possible de voir.
- Contenez-la dans cette posture, dit Saint-Fond à l'une des vieilles, je vais la sodomiser pendant qu'on l'enconne : il faut qu'elle perde ses deux pucelages à la fois.
L'opération réussit au mieux, non pas cependant sans faire jeter les hauts cris à la jeune fille, qu'un tel dard n'avait jamais perforée. Hélas ! c'était pour elle le funeste jour des douleurs. En foutant, le paillard maniait les vieilles, pendant que je gamahuchais Clairwil ; le prudent Saint-Fond, avare de son foutre, en retient les écluses, et l'on passe à d'autres luxures.
- Jeune homme, dit Saint-Fond, je vais exiger de vous quelque chose de fort extraordinaire, et que vous allez sans doute trouver bien barbare, mais, quoi qu'il en puisse être, soyez certain que c'est l'unique façon de sauver votre maîtresse. Je vais la faire lier à cette colonne, vous vous armerez de cette poignée de verges, et vous lui déchirerez les fesses.
- Monstre ! peux-tu me proposer...
- Vaut-il mieux pour vous qu'on la tue ? Elle est morte, si vous n'obéissez.
- Eh ! d'où vient donc ? Faut-il qu'il n'y ait point de milieu pour moi, entre cette infamie et la douleur de perdre ce que j'aime !
- Parce que tu es ici le plus faible, dis-je, et que tu dois par conséquent tout céder : exécute donc ce qu'on te propose, ou ta maîtresse est poignardée sous tes yeux.
Le grand art de Saint-Fond était de placer toujours les victimes dans une telle situation, qu'elles n'eussent jamais d'autre parti à prendre que de choisir celui des deux malheurs qui convenait le mieux à son perfide libertinage. Dormon tremblant n'accepte ni ne refuse ; son silence parle. Faustine est attachée par moi ; je prends le plus extrême plaisir à meurtrir les parties délicates de ce beau corps par lu liens dont je la garrotte ; j'aime à présenter ainsi l'innocence à toutes les tentatives du crime ; la méchante Clairwil lui suçait la bouche pendant ce temps-là. Quels attraits à martyriser !... Oh ! quand le ciel ne s'arme point pour défendre ceux-là, c'est qu'il veut convaincre les hommes du mépris qu'il fait de la vertu.
- Ce sera de cette manière qu'il faudra vous y prendre, dit Saint-Fond en appliquant dix coups à tour de bras sur les fesses blanches et dodues qui lui sont offertes. Oui, de cette manière, continua-t-il, en en cinglant dix autres, dont les meurtrissures violettes contrastent déjà merveilleusement avec la blancheur de cette peau fine et délicate.
- Oh ! monsieur, je ne pourrai jamais...
Et cependant, comme les menaces redoublent, que Clairwil en fureur s'écrie qu'il n'y a qu'à l'écorcher lui-même s'il résiste, et qu'il faut ici, ou se résoudre à ce léger outrage, ou consentir à perdre ce qu'on aime, Dormon entreprend : mais quelle faiblesse ! Il faut que Saint-Fond soutienne son bras, il faut qu'il le dirige. Mon amant s'impatiente, un poignard s'élève sur le sein palpitant de Faustine ; Dormon redouble... il s'évanouit...
- Ah ! foutre, dit Saint-Fond qui bande comme un carme, je vois bien qu'il faut que la scélératesse s'en mêle ; l'amour ne vaut rien dans tout cela.
Et se déchaînant sur les belles fesses qui lui sont offertes, en moins d'un demi-quart d'heure il inonde de sang le cul de la victime. Une autre horreur se faisait près de là : Clairwil, loin de secourir Dormon, exécute sur lui tout ce que sa férocité lui suggère.
- Je venge mon sexe, s'écrie-t-elle, et ses mains barbares rendaient à Dormon, attaché par les vieilles, tout ce que Saint-Fond appliquait à Faustine. Les deux malheureux amants furent bientôt dans le plus effroyable état. Point encore à même de juger Clairwil, j'avoue que sa cruauté me surprit ; mais quand je la vis s'emporter à des exécrations d'un bien autre genre, quand je la vis se barbouiller les joues du sang de sa victime, le sucer, l'avaler, arracher avec ses dents des morceaux de chair, s'en repaître avec lubricité ; quand je la vis frotter son clitoris sur les blessures sanglantes qu'elle faisait à ce malheureux, quand je l'entendis me crier : Imite-moi donc, Juliette !... entraînée par l'affreux exemple de cette sauvage, et plus encore peut-être par ma maudite imagination, faut-il vous l'avouer, mes amis, je fis comme elle... Que dis-je ? je la surpassai peut-être, peut-être allumai-je son imagination par des forfaits auxquels elle ne pensait pas ; mais tout m'échauffait également : aucune restriction dans mon âme perverse, et la commotion reçue dans moi, aux douleurs que j'opérais, y parvenait aussi bien en cannibalisant un homme qu'en martyrisant une femme.
Saint-Fond ne voulut pas procéder aux grandes expéditions avant que l'autre couple n'eût paru. On attacha celui-ci ; l'autre vint. Delnos et Félicité éprouvèrent les mêmes traitements, à l'exception que les choses furent prises en sens inverse, et qu'au lieu de persuader à l'amant de quitter sa maîtresse sous les plus terribles menaces, ce fut à la maîtresse (mais avec aussi peu de fruit) que l'on persuada de quitter l'amant. Félicité était une fort jolie fille de vingt ans, un peu moins blanche que sa sœur, mais des formes aussi agréables et les yeux les plus expressifs ; elle montra plus d'énergie que sa sœur, et Delnos beaucoup moins que Dormon. Cependant notre anthropophage, venant d'enculer cette seconde fille, perdit son foutre malgré lui dans le beau cul de Delnos, pendant qu'il martyrisait les charmants tétons de Félicité. Tranquillement assis, maintenant, entre Clairwil qui le socratisait et moi qui le branlait, en face des deux couples attachés sous ses yeux, il nous consultait sur le sort des victimes.
- Je suis le bourreau de toute cette famille, nous disait-il en se branlant : trois ont perdu la tête ici, j'en ai fait tuer deux dans leur campagne, j'en ai fait empoisonner un à la Bastille, et j'espère ne pas manquer ces quatre-ci. Je ne connais rien de délicieux comme ce calcul : Tibère, dit-on, s'y livrait tous les soirs ; le crime ne serait rien sans ses doux souvenirs. Ô Clairwil ! où nous entraînent les passions ! Dis, mon ange, aurais-tu la tête assez calme... aurais-tu, par hasard, assez déchargé, pour me faire sur cela quelques beaux discours ?
- Non, foutre ! non, non, sacredieu ! répondit Clairwil ! rouge comme une bacchante, j'ai plus envie d'agir que de parler ; un feu dévorant coule dans mes veines, il me faut des horreurs, je suis hors de moi...
- Commettre infiniment d'atrocités est assurément mon avis, dit Saint-Fond ; ces deux couples m'excitent ; il est inouï les tourments que je leur souhaite et que je voudrais leur voir endurer.
Et les malheureux entendaient tout ce que nous disions ; ils nous voyaient comploter contre eux... et ils ne mouraient pas !
La fatale roue, inventée par Delcour, était sous nos regards. Saint-Fond la considérait méchamment, et l'idée d'y placer quelque victime élança bientôt son vit vers le ciel. Alors le scélérat, après avoir expliqué bien haut les propriétés de cette infernale machine, dit qu'il fallait que les deux femmes tirassent au sort pour savoir qui d'entre elles y serait attachée. Clairwil combattit ce projet, en assurant que, puisque Saint-Fond y avait déjà vu une fille, il fallait qu'il se procurât le plaisir d'y voir un garçon ; elle demanda la préférence pour Dormon, qui lui échauffait prodigieusement la tête. Mais Saint-Fond dit qu'il ne voulait aucune préférence ; que l'honneur de périr le premier, et par un tel supplice, en était une assez grande, et qu'il n'en fallait point d'autres. Des billets s'écrivent ; les jeunes gens tirent ; Dormon a le billet noir.
- Il y a longtemps que le ciel accomplit tous mes vœux, dit Clairwil ; je n'ai jamais conçu de crime, que cette exécrable chimère, que vous nommez l'Être suprême, ne l'ait favorisé sur l'heure !
- Embrassez votre prétendue, dit mon amant, en détachant Dormon, auquel on laisse pourtant des liens aux jambes et aux bras ; baisez-la, mon enfant, elle ne vous perdra point de vue pendant votre exécution. Je vous jure que je vais l'enculer sous vos yeux.
Entraînant alors, suivant son usage, le jeune homme bien sûrement lié, il s'enferme pendant une heure avec lui ; il semblait qu'en ce moment le libertin confiât à la victime un secret impénétrable, et qu'elle était comme chargée de porter en l'autre monde.
- Que fait-il donc là ? dit Clairwil, ennuyée d'attendre et s'approchant de la porte du cabinet.
- Je n'en sais rien, répondis-je, mais je désire le savoir avec tant d'ardeur que j'ai presque envie de lui dire de me sacrifier pour l'apprendre.
Dormon sort ; ses chairs portaient des traces de plusieurs vexations cruelles ; ses fesses et ses cuisses, surtout, étaient violemment meurtries : la honte, la rage, la crainte et la douleur se combattaient sur son front altéré ; du sang coulait de son vit et de ses couilles, et ses joues, vivement colorées, portaient l'empreinte de plusieurs soufflets. Pour Saint-Fond, il bandait considérablement ; la barbarie la plus atroce se peignait sur chacun de ses traits ; il avait encore une main sur le cul de la victime lorsque tous deux rentrèrent.
- Allons, foutu gueux ! lui dit Clairwil, en se réjouissant de le voir reparaître ainsi, allons, allons ! il faut y passer... Saint-Fond, poursuivit cette mégère, il n'y a pas assez d'hommes ici : je voudrais être prodigieusement foutue en voyant expirer ce gredin.
- Sa maîtresse te branlera dit Saint-Fond, et je l'enculerai pendant ce temps-là.
- Et le sang coulera-t-il sur nous ?
- Sans doute...
- Allons, dit Clairwil, baise-moi, jean-foutre, avant que d'aller au supplice.
Et comme il faisait quelque résistance, la garce lui frotta le nez de soir cul ; ensuite, on lui permit d'aller embrasser sa maîtresse qui fondait en larmes. Clairwil le branlait, et Saint-Fond chatouillait le clitoris de la jeune fille ; les vieilles le saisissent à la fin et le fixent dans la fatale roue. Faustine, étendue sur Clairwil, est obligée de la branler ; mon amie me baise, me chatouille pendant ce temps-là. Saint-Fond encule Faustine, et bientôt le sang nous couvre tous les quatre. La jeune fille ne soutient pas cet affreux spectacle jusqu'au bout : suffoquée par la douleur, elle expire.
- Un moment, un moment ! s'écria Saint-Fond, je crois que la garce veut mourir sans que j'en sois cause.
Et le vilain décharge, en disant cela, dans une masse qui n'existait déjà plus. Clairwil, dont les mains scélérates pétrissent les couilles de Delnos, pendant que je piquais à grands coups d'aiguille les fesses de ce jeune homme, ne tient pas au spectacle de Dormon dans la roue, et la putain décharge trois fois, en jetant des hurlements semblables à ceux d'une bête féroce.
Il ne restait plus que Félicité et son jeune amant.
- Ah ! foutre, dit Saint-Fond, il faut que le supplice de cette garce-là me dédommage de l'autre ; et puisque c'est la maîtresse qui vient de voir mourir l'amant, je veux ici que ce soit l'amant qui voie expirer la maîtresse.
Il la conduit au cabinet secret, et, après une bonne demi-heure de tête-à-tête, il la ramène dans un état affreux. Elle est condamnée à être empalée vive : Saint-Fond lui-même lui enfonce dans le cul un pieu qui lui ressort par la bouche, et ce pieu redressé reste avec la victime, en parade, au salon tout le jour.
- Mon ami, dit Clairwil, je te demande avec instance de me laisser le choix du supplice de cette dernière victime ; je trouve que ce bougre-là ressemble à Jésus-Christ, et je veux le traiter de même.